[x]

deviantART

 




Bonjour, si vous lisez ces lignes c’est que le monde que je connaissais et que je chérissais tant s’est évanoui depuis un bout de temps déjà. En fait le temps que je mette à écrire lesdites lignes. Si vous lisez ces lignes c’est que je me suis écarté de la Voie pour jouer mon rôle, un rôle sans véritable influence à grande échelle. Voulez-vous que je vous conte mon histoire ? Allons-y …


1er décembre 1906, un des jours que je déteste, ma naissance. Pourquoi ? Ha ! Arrêtez de me faire rire, surtout que vous comprendrez bien plus tard quand vous aurez connaissance de mon histoire, celle de ma funeste vie. Donc je disais, ma mère me mit au monde dans cet endroit miteux qui allait devenir ma maison pendant les 18 prochaines années de ma vie. Elle mit à bas dans sa demeure, loin des regards indiscrets, car voyez-vous, j’étais le fruit d’une passion interdite. En vérité je découvris ce fait bien plus tard. Accrochez-vous bien je continue. Donc, mes cris emplirent la cave et ma mère me fit taire rapidement, à peine née et déjà battue … Oh ne vous inquiétez point je n’en pas vraiment souffert, juste que ceci explique cela, je vous conseillerai juste, avant d’aller plus loin, de faire attention au moindre détail. Ainsi donc ma vie débuta bien tristement.

Les premiers mois furent tout ce qu’il y a de plus banal dans la vie d’un nouveau né, peu de nourriture pour qu’il ne grossisse pas, laissé à l’abandon, sans ami et sans amour pour qu’il apprenne à se débrouiller tout seul … Non ? Cela ne devait pas se passer ainsi ? Cela aussi je l’appris bien plus tard. Bref le plus important pour que vous compreniez bien ma situation est que j’eu un départ difficile dans la vie. Pauvres, mes parents n’eurent jamais le minimum pour me nourrir et se nourrir eux-mêmes et je passais le plus clair de mon temps sans vêtement. Cela ne me posa aucun problème, à ce stade là du moins.

1er décembre 1907, le jour de mes un an ! Quelle joie … Quelle fête … Quelle … Horreur … Pour l’occasion, dans ma prison, j’eu le droit de fêter un an d’horreur, de terreur, de folie et de fureur refoulée. Pour être franche je ne m’en souviens pas vraiment, du moins en image. Ce sont les sensations qui sont restées intactes en moi. Mes parents revinrent de leur travail – je n’ai jamais su à quoi ils s’adonnaient – et me sortirent de la cave pour me montrer la maison. Ce fut ma première fois. Entièrement nue, je passai ma soirée à « découvrir le monde ». Mais mes illusions folles furent vite mises au pas et mes bourreaux me remirent en cellule, ma véritable maison.

1913, j’ai vachement grandi ! Durant les 6 dernières années de ma vie j’appris à parler et marcher mais aussi à écrire et à raisonner. Je n’avais toujours pas vu le grand extérieur même si mon domaine était passé de la cave à la maison. Mes parents s’étaient rendus compte que personne ne risquaient de me découvrir, vu qu’ils empêchaient quiconque de s’approcher de la maison. Pour être positive, je dirai que je vécu, tout simplement, ni plus ni moins. Jusque ici en tout cas … Car c’est en cette année 1913 – ne me demandez pas la date exacte, je ne saurai le dire – que ce monde-ci s’effondra autour de moi comme quand on souffle sur un château de carte. Voulez-vous savoir pourquoi ? Êtes-vous prêt à lire dans mes prochaines lignes peur et horreur ? D’accord, prenez place … Avez-vous déjà entendu cette expression : « j’ai été brisé » ? Oui sûrement, beaucoup adore l’utiliser en prétextant des problèmes d’amour ou encore de santé, à tort bien-sûr … Laissez-moi faire le lien avec mon histoire. J’ai été brisée …
Ce jour là avait pourtant démarré si bien. Je m’en rappel encore, j’avais réussi à détourner l’attention de mes geôliers et mon échappée n’en fut que plus facile. Je voyais enfin le vrai monde. J’avais 7 ans et le monde m’appartenait. Enfin la caresse du vent, l’odeur de l’herbe et de la soupe chaude à l’ail que le voisin préparait. Tout un panel de sensations qui s’ajoutait à mes connaissances restreintes. Je me baladais dans le quartier, n’imaginant pas un seul instant mon retour dans ma prison, et je voyais d’autres personnes. D’ailleurs celles-ci me dévisagèrent, en tout cas j’étais confiante, ne comprenant pas encore ce que cette expression du visage voulait dire. En effet j’avais 7 ans, le monde m’appartenait mais j’étais naïve … Le fait que l’on me dévisageait, je m’en rends compte à présent, venait de ma nudité. J’étais nue comme un ver, naïve et exposée au monde. Ce qui ne tarda pas d’attirer du monde … Voyez-vous je marchais tranquillement, m’émerveillant devant la beauté surnaturelle d’un paysage quant on m’agrippa. La force avec laquelle je fus tirée me choqua et je ne pus rien faire, du haut de mes 1m20. Tout se passa extrêmement vite, mais quand on les vit les choses paraissent beaucoup plus longues. C’est pourquoi je ferai durer le plaisir, je suis sûr que votre compréhension en sera facilitée. Je disais donc qu’une force m’agrippa violemment par la manche et me tira dans une ruelle sombre. Sur le coup j’étais étourdie et le décor tournoyait autour de moi à une allure folle jusqu’à ce que ma vision se stabilise sur deux têtes. Ce n’étaient pas mes parents. Même ceux qui m’avaient engendré ne m’avaient jamais bousculé autant. Leurs yeux étaient noirs, leurs cheveux noirs, leurs habits noirs, même leurs peaux mattes rappelaient cette couleur sombre. Dans leur regard, je ne décelais quelque chose d’effrayant, comment voulez-vous qu’à 7 ans je fasse la différence entre lueur de désir, folie et sadisme ? Comment voulez-vous qu’à 7 ans, pratiquement sans éducation, j’arrive à distinguer bien et mal ? Ces personnes, d’instinct, ne m’inspiraient pas confiance, c’est indéniable, surtout par leurs apparences, mais que pouvais-je faire ? Crier ? Personne ne serait venu … Me débattre ? A quoi bon … L’instinct me disait quoi faire mais mon intellect me remettait de suite à ma place. Alors que je voyais leurs horrifiants visages et que ma raison me délaissait, j’abandonnai tout espoir … J’étais piégée … Une chose humide me chatouilla le pied mais alors que je regardais pour constater que c’était tout simplement la langue du premier homme, je sentis une main dans mon dos. La langue montait, la main descendait … Alors que la raison m’avait abandonné lâchement, je l’abandonnai à mon tour. J’essayai en vain de me débattre, mes cris retentirent une demi-seconde avant d’êtres étouffés par un gros morceau de chiffon sale sentant l’essence. J’étais tout bonnement impuissante. Et alors que la langue et la main continuaient leurs chemins, je versai des larmes. Pour la première fois de ce que je puis me souvenir, ce fut la première fois et l’avant-dernière d’ailleurs. Les larmes coulèrent toutes seules, d’abord à cause de l’impuissance et du désespoir puis de la douleur et de la souffrance. Car oui, après l’excursion des deux membres sur mon corps gênante mais point douloureuse ce fut autour de choses bien plus terribles de faire connaissance avec mon frêle corps. Dans une radicale opposition ce qui s’ensuivit vint à l’intérieur et cela fit mal … Très mal … Le chiffon ne suffisait plus à retenir mes cris, une main se plaqua sur ma bouche. Et pourtant, j’avais l’impression que l’on me déchirait. L’intérieur de mon corps était en feu, je ne savais plus comment respirer, toutes mes fonctions vitales m’abandonnaient, comme l’avait fait ma raison et mon espoir plus tôt. J’appréhendais chaque à-coup, source d’infinie souffrance, et cette vague arrivait à chaque fois. Et alors que je pensais quitter la vie, tout s’arrêta. Le temps était une notion qui m’était totalement étrangère en cet instant, je ne savais pas depuis combien de temps la torture s’était arrêtée, je ne savais du tout depuis combien de temps j’étais allongée là. D’ailleurs … Je ne savais pas où j’étais ni si j’étais allongée ou assise ni même si je vivais encore …

25 décembre 1916, 3 années ont passé depuis ma première défaite face au monde. Je ne peux pas dire que cela ne m’affecta pas. Ces 3 années ne furent que partagées entre lit, sol et gamelle … 3 années de nouveau enfermée dans ma cave, que je voyais désormais comme mon refuge, ma forteresse. Je me nourrissais par instinct, je m’allongeais sur le sol froid et je dormais. En réalité je dormais très peu, mes songes habités par des coquemars, lutins diaboliques me faisant revivre mon passé à l’infini. Mais ces 3 ans me furent bénéfiques après mon traumatisme. Je me remis enfin. Et c’est en ce jour de fête, le 25 décembre 1916, que je refis mon apparition dans la maison. Mes parents, qui m’avaient retrouvé presque morte à deux pas de la maison, montrèrent pour la première fois dans ma pathétique existence une forme d’amour. Ils étaient contents, contents de mon rétablissement. Ils m’offrirent des habits, choses que je leur avais demandé, et du papier avec de l’encre. Ils pensaient qu’écrire me permettrait de m’évader, d’oublier ou encore de passer le temps. Et pour une fois, j’étais en accord avec eux. Je commençai à écrire au lieu de rester allongé à ne rien faire, et une passion pour cet art naquit en moi.

1921, aucun point de comparaison avec la petite fille qui mettait pour la première fois dehors le bout de son nez riquiqui. J’avais alors 15 ans et l’adolescence fit de moi une fille d’une beauté parfaite. Même si à ce stade de mon histoire ce n’est pas cela qui nous intéresse mais plutôt le développement de ma passion pendant 5 longues années. J’avais subit une évolution radicale, j’étais autodidacte bien-sûr car avec l’écriture vint la culture. J’apprenais tout moi-même et au fur et à mesure j’enrichissais mes écrits. J’appris à écrire au passé, au futur, de la vie, de la mort, de la douleur, des gens, des sentiments mais le sujet qui me fascinait le plus restait « le moi ». Mon style d’ailleurs se portait de plus en plus vers l’écriture à la première personne et en particulier vers la retranscription de faits réels de ma vie. Bien sûr l’arrivée de la connaissance chassa de moi mes défauts de petite fille et je sortis de plus en plus même si mes parents trouvèrent ça déraisonnable, surtout ma mère. Je me promenais ainsi des heures durant, écrivant sous un arbre, à l’ombre, m’inspirant des éléments qui m’entouraient. Le contact des gens m’effraya un peu au début mais j’appris beaucoup des autres en cette période.

1922, aucun point de comparaison avec la fille simple, écrivaine que je décrivais au chapitre précédent. 1 an, une simple année pour passer du tout au tout. Oh je vous avouerai moi-même que je ne savais pas vraiment ce que je faisais, c’était plus au début un caprice de jeune femme. J’avais 16 ans et on m’avoua d’où je venais. Non pas qu’on répondait enfin à mes questions existentielles du style « D’où est-ce qu’on vient ? » et « Pourquoi vit-on ? ». Non on m’avoua d’où je venais réellement. Cela impliquait que mes parents n’étaient pas mes parents, ou du moins pas en entier … Ce qui paraissait beaucoup plus grave à mes yeux. Tout arriva un soir, mes parents rentrèrent du boulot, mais pas comme à leur habitude. Ils étaient énervés l’un contre l’autre. Mon père accusait ma mère de quelque chose. Je n’y prêta aucune attention au début, cela ne m’intéressait pas et ne me touchait pas. Je me disais simplement que ça devait sûrement arriver dans les couples. Je m’étais même préparée à leur séparation, c’est vous dire ! Mais tout ne se passa pas ainsi … Ils criaient, j’entendais. Ils criaient et je finis pas écouter. Mon père accusait bien ma mère, de tromperie pour être précise. Cela me choqua un peu, sans plus. Ce qui me dérangeait c’était les cris, je n’arrivais plus à me concentrer sur ma page qui restait indéfiniment blanche. Je finis par monter voir et leur dire de se calmer. Et alors que j’entrai dans la pièce une phrase résonna dans mes oreilles et retentit en écho dans mon esprit.
" Ce n’est pas ta fille ! "
Je m’avançai dans le salon précaire et gifla ma mère. Ce fut le geste que je regrettai souvent et pendant longtemps, mais d’autres raisons. Je quittai ainsi la maison, 2 ans plus tôt que ce que je pensais au départ, incertaine sur mes origines, en plein doute sur mes fondements. Tout ce qui constituait ma vie, je le quittai, je voulais passer à autre chose, ce fut fait rapidement. J’abandonnai l’écriture, mon ancienne passion, pour revenir sur un fait que l’on m’a fait souvent remarquer : j’étais d’une beauté rare … Et les deux années qui suivirent furent basé sur mon profit personnel grâce à cet atout.


1923-1924, décadence totale. Ce pensaient les autres de moi ? Pff je m’en fichais comme d’une guigne ! Pourquoi j’agissais ainsi ? Il y aurait beaucoup à dire je pense, et je m’analyse enfin après avoir analysé tant monde par l’écriture. Tout d’abord mon entrée dans ce monde ne fut pas facile économiquement. Ensuite l’amour n’a jamais vraiment existé pour moi. J’ai vécu une expérience qui m’a brisé intérieurement. J’avais coupé les ponts avec mes racines. En gros j’étais une adolescente capricieuse. Je voulais compenser mon ancienne pauvreté par beaucoup d’argent, je n’avais jamais été entourée d’amour donc je ne savais pas reconnaître le bon et j’en cherchais un en permanence, mon viol m’a enlevé une part de moi-même dont aucun homme ne s’emparerait à nouveau et je ne risquais pas de ternir une quelconque réputation car je venais de nulle part et j’allais partout. J’étais provocante, sexy et rusée, je sus tirer parti de mes avantages pour démarrer ma nouvelle vie. Cela commença par un vieux bourgeois qui tomba amoureux de moi au premier regard. Il m’offrit tellement de choses que je ne commencerai pas à les énumérer ici. Nous nous mariâmes et je le tuai au lit peu de temps après. Il mourut en plein effort … Le pauvre … N’empêche qu’avec l’héritage ma vie sembla beaucoup plus facile, que ce soit dans l’obtention de ce que je voulais ou dans mes recherches d’hommes. Je réussi à participer à divers festivals de riches ou bals où je ne pouvais que paraître resplendissante dans toutes mes robes somptueuses qui mettaient en valeur mes voluptueuses formes. Et ainsi de fêtes en fêtes, d’hommes en hommes, d’héritages en héritages je m’épanouissais. Vous vous demandez à coup sûr pourquoi je n’arrêtais pas alors que je devais avoir amasser une sacrée fortune, n’est-ce pas ? Pour vous répondre franchement, je crois que ce mode de vie me plaisait purement et simplement, il ne fallait pas aller chercher plus loin. J’adorais draguer en finesse, de telle manière que ce soit les hommes, même mariés, qui me draguent. J’adorais faire l’amour, ce que mes compagnons m’offraient à chaque fois. Et par-dessus tout j’adorais boucler le cercle, jeter ma précédente proie pour m’intéresser à une nouvelle. Et le jeu continuait ainsi. Deux ans oui, deux ans … Comme je le disais au début, une pure décadence.

1924, et plus précisément le 19 septembre 1924, mon histoire nous conduit dans une période de ma vie que j’ai à la fois adoré et détesté. En ce temps là mon statut social en faisait pâlir d’envie plus d’une et j’adorais ça. Le maire de la ville de Kyoto m’avait pris pour épouse. Pas mal hein ! En vérité j’avais déjà tellement d’argent que j’étais avec ce vieux débris juste pour le statut et tout ce qu’il avait à m’offrir. Je passais mes soirées dans des galas où je rencontrais des personnes aussi intelligentes et riches que moi. Cela faisais des mois que je n’avais plus changé de mari et beaucoup pensaient que je m’arrêterais là … En vérité je ne savais pas trop, il me semblait à cette époque avoir épuisé toutes les ressources potables du japon en homme riche, beau et intelligent. A tort … Cette soirée du 19 septembre 1924 fut différente de toutes les précédentes. Bon j’admets que je début fut plus qu’harassant, toujours le même gratin papotant autour des mêmes sujets, rabâchant les mêmes potins et voulant faire la bise à l’intégralité des invités. Alors que monsieur le maire me conduisait avec fierté à la rencontre d’un de ses collègues, il me semble, je me figeai sur place, le cœur palpitant et la respiration coupée. Je me dégageai sans ménagement de l’étreinte de mon futur ex-mari et me fraya un passage dans la foule, rejoignant ainsi 5 minutes plus tard celui qui avait réussi à capter mon attention. Il dégageait une aura d’autorité mélangé à une grande force morale et physique, dû sûrement à sa jeunesse. Quand il se retourna pour me faire face, il planta son regard dans le miens et nous restâmes ainsi un petit moment, juste le temps de vous le décrire. Beau visage aux traits fins encadré par deux mèches de ses cheveux noirs qui cascadaient aussi sur ses épaules, yeux d’un bleu-gris captivant, carrure d’athlète, peau blanche limite pâle. Un corps d’Apollon et qui plus est riche ! Oui car s’il était présent c’est qu’il devait au moins être riche ! Nous passâmes le reste de la soirée ensemble et quand monsieur le maire revint avec son collègue je lui dis ne plus vouloir profiter du statut et de l’argent qu’il m’offrait. Mon nouveau prince était ce bel étalon, actionnaire, dirigeant d’une grosse compagnie : Yuu Kini.
1925, année de pur bonheur, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien. Durant mes années de libertinages j’avais parfois ressenti des moments de vides et j’étais en général plutôt déprimée mais là … C’était l’extase ! Cet homme m’aimait et je l’aimais ! Il m’apportait tellement de bonheur et d’amour que je ne savais pas comment lui renvoyer la pareille. Durant presque un an je n’eu d’yeux que pour lui et lui seul comptait vraiment. Il était tout et sans lui je n’étais rien. Je l’aimais ! Jusqu’à ce que l’on décide de se marier …

24 août 1925, jour du mariage, j’étais dans une robe cousue sur mesure pour moi, noire avec des dentelles rouges, longue et un peu bouffante, elle traînait loin derrière moi. Je me trouvais si belle et lui aussi d’ailleurs dans son costume hors de prix noir avec des lignes blanches. Journée si merveilleuse.

1925-1930, tout commença à se dégrader. Enfin pas vraiment. Je me réfugiai de nouveau dans la décadence. Je repris mon libertinage mais d’une autre façon. Alors qu’avant je passais d’hommes en hommes en me mariant avec, là je continuais d’aimer et de m’occuper de mon cher mari tout en ayant diverses relations avec d’autres hommes. Je ne sais pas pourquoi, ne me demandez pas, juste que je m’y retrouvais très bien ainsi … Et c’est ainsi que notre mariage dura. Je m’occupais de mon mari toujours plus absent, absorbé par son travail de businessman et j’allais coucher avec d’autres ailleurs. Kini ne se rendit jamais compte, enfin au début je crois. Puis la crise arriva, elle traversa les mers et toucha le monde entier y comprit le business de Kini. Il dormit de moins en moins, cherchant des solutions, heureusement que j’avais des fonds sinon nous nous serions sûrement retrouvés à la rue. Mais Kini devint presque fou, il supportait mal la situation … A moins que ce soit à cause de mes relations … ? Allez savoir, sûrement les deux à la fois ...

13 juin 1930, le premier jour du reste de ma vie … Il était tard et je rentrais d’une de mes soirées arrosées où j’avais fricoté avec un homme, nous étions rentrés chez lui et il m’avait fait l’amour. Bref j’avais but plus que de coutume. Je poussai la porte, et le regard que je vis me glaça les sangs … Kini était assit en face de moi, dans fauteuil en guise de trône, et il me regardait avec ce regard qui lui était propre, un regard meurtrier qu’il me réservait quand nous faisions l’amour. Or, ici c’est peu à propos … Il me tua … Ha je vous ai bien eu ! Non il ne me tua pas, pas de suite du moins, mais son regard était si pénétrant … Ses yeux m’avaient toujours fasciné. Le verre de vin qu’il tenait se brisa net quand il ferma le poing et quand il se leva je ne me rendis même pas compte qu’il avait en fait déjà traversé la pièce. Je pense que j’aurai pu me débattre … Mais à quoi bon ? J’avais déjà vécu bien pire dans le genre … C’est ce que je pensais, mais peu après je regrettai déjà … Il me tira au milieu de la pièce et me ligota étroitement. De toute façon je n’aurai pas bougé, c’est comme si je ne pouvais plus penser. J’accueillais presque ce qui m’arrivait comme une banalité. Pourquoi aurais-je résisté ? Il était en droit de faire ce qu’il faisait, je ne l’empêchai pas. En fait, ce qu’il me fit était pire que tout ce que j’avais connu, et pourtant il ne m’humilia pas une seule fois. Mais l’air dégouté qu’affichait le si beau visage de l’homme que j’aimais, sa brutalité, les blessures qu’il m’infligeait, ce que je m’étais infligé à moi-même durant toutes ces années, surtout les 5 dernières … Bref, mon cerveau se déconnecta et je ne fis qu’emmagasiner la douleur, si intense, une véritable torture que mon amour me faisait vivre … Mais pouvais-je l’appeler encore ainsi ? Non, bien-sûr que non. Le couteau qu’il tenait me coupait, me déchirait, me lacérait. Il sembla perdre la raison puis, après quelques heures il revint à lui. J’ouvris les yeux et je compris que je le regardais pour la dernière fois … Il pleurait, rendant son visage encore plus beau même si la situation ne se prêtait pas vraiment à ce genre d’émerveillement. Il leva le couteau un peu plus haut que d’habitude. Ses yeux cherchaient une explication dans mon regard, il voulait comprendre. J’aurai tellement voulut lui dire que j’étais désolée, qu’il n’y avait rien à comprendre, que je l’aimais. Mais il devait le faire, je devais arrêter de le faire souffrir. Il abattit son arme en un éclair, le même qui me suffit à penser : qu’y aura-t-il … Après ? Trop tard, j’étais morte.

Alors pourquoi étais-je encore ici ?!? Kini m’avait planté le couteau dans le cœur, enfonçant même un pue de la garde. Comment avais-je survécu ? La réponse était toute simple en fait. Je n’avais pas survécu ! Mon corps était sous Kini, moi j’étais là, presque inconsistant, suspendu dans les airs au-dessus de la scène macabre. J’avais supporté ma mort en silence, je ne pouvais pas continuer. Je me ruai vers celui que j’aimais tant en criant. Je le traversai. Je quittai par la même occasion la maison, j’errai ainsi sous cette forme peu de temps car un homme en robe noire vint à ma rencontre et m’envoya dans un autre monde, soi-disant meilleurs. Je demandai à voir …

1er décembre 1936, je ne sais pas si on peut encore parler d’âge mais j’aurai normalement dû avoir 30 ans. C’était mon premier jour en tant que shinigami, désolé d’avoir sauté une bonne partie de l’histoire mais je déteste écrire quelque chose de barbant. Car oui, en effet, les six premières années de ma mort furent d’un ennui … Monumental ! J’étais entré à l’académie très tôt où j’avais suivi un enseignement pour porter la robe noire. Mon internement dura 5 ans vu mon talent. Je me vis confier très vite mes armes et une division, je ne me rappel même plus laquelle. Pourquoi avoir agit ainsi ? Encore une fois, vous allez vous dire que je suis ignorante, je n’en sais strictement rien. Au début pour m’occuper car la « vie » d’un mort est d’une normalité écœurante, le premier qui me sort « mais qu’est-ce que la normalité ? » je le l’incarcère et je le torture de mes propres mains. Ha oui voilà ! Ma division était la 9ème car je m’occupais des prisons de la Soul Society. En vérité pas vraiment, j’y travaillais pour être plus précise et je m’occupais de ses prisonniers … Le shikai fut à ma portée très rapidement, ce qui contribua à mon habilité dans mon métier. Je devais faire parler les gens et je peux vous assurer qu’ils parlaient, ils me dévoilaient tout, même ce dont je n’avais strictement rien à faire ! J’effectuais ma tâche ardeur mais ne croyez pas que j’y prenais goût. D’une certaine façon j’avais connu cette torture durant ma vie : violée, humiliée, torturée, violentée … Sans avoir connu ça comment aurai-je pu faire mon travail aussi bien ? Je me le demandais moi-même.

1er décembre 1944, je reçois l’ordre de quitter le Seireitei ainsi que la Soul Society. Pourquoi ? Attendez, attendez, laissez-moi le temps de vous expliquer, 9 ans c’est long ! Tout d’abord comme je le disais dans le paragraphe précédent j’exerçais un métier peu répandu, ce qui expliquait sûrement ma solitude. Je compensai donc en m’entraînant. Quand je ne travaillais pas je m’entraînais et quand je travaillais je devais utiliser mes pouvoirs, ce qui me servait d’entraînement par la même occasion. J’acquis ainsi le bankai en 7 ans exactement, mais cela, je le savais, ne me suffirai pas. Je m’y donc à la recherche dans la bibliothèque d’un moyen de devenir plus fort pour un shinigami. Un livre m’indiqua un moyen prohibé pour le devenir, j’étudiai de plus belle des arts noirs et mystérieux. Finalement je suivis les instructions et me retrouva embarqué au plus profond de mon être …
Je me tenais là, au bord d’un précipice si profond que le fond était plongé dans les ténèbres, face à un immense château. Il était planté là, au milieu du grand cercle formé par le bord du gouffre sans fond, comme émergeant de nulle part, il semblait taillé dans la roche, un fin pont enjambait le vide et rejoignait mon côté. J’étais vêtu d’une robe, semblable à celle que j’avais portée pour mon mariage avec Kini, mais intégralement blanche. Je me sentais bizarre dans cette robe, elle m’avait été allouée sans que je le veuille et j’aurai préférée garder mes vêtements de d’habitude. Tout était différent de ce que j’avais lu. Au lieu d’un monde intérieur sobre et sans connotation je me retrouvais près d’un château et apparemment je devais débrouiller toute seule sans arme alors que ma lecture m’avait appris qu’il me fallait vaincre le hollow qui m’habitait avant qu’il ne prenne possession de mon corps. Mais là, personne ! Je traversai le pont si long et si fin pour rejoindre l’étrange château. Il était somptueux mais peu décoré. Quelques fresques par-ci par-là, des portraits ailleurs, de lourds rideaux rouges plongeant les pièces dans la pénombre. Mes pas résonnaient et se faisaient échos dans les couloirs vides, me prouvant encore une fois ma solitude. Je marchais et marchais encore. Je tournai à un coin et arrivai à une terrasse qui menait à une petite porte en bois sombre, elle était différente. A peine entrée la porte claqua derrière moi. Aucune fenêtre et dans la lumière tamisée je n’aperçus que les contours indistincts d’un canapé et d’une porte dans le fond de la salle. J’entrai. Elle aussi était grande et vide, j'avais une étrange impression. Tout ceci était peu naturel. Quel sens de la déduction me narguerez-vous ! Cette solitude, ce silence, cette lumière, cette impression ... Tout ceci me faisait froid dans le dos. Et pourtant je transpirai, oui je transpirai malgré l'air glacial. Une main me parcourut le dos, cette main ne me paraissait pas étrangère ... Quelqu'un était présent, c'était sûr. Je fis le tour de la pièce dans l'espoir de me rassurer, mais rien. Était-ce mon imagination ? Sur cette pensée je me figeai ... Quelqu’un venait de m’enlacer, je sens encore sa respiration glaciale sur ma nuque. Cela ne pouvait être possible … Cette personne ne pouvait être là ! C’était mon monde ! Personne ne devait être là à part … Mes yeux s’écarquillèrent …
« Tu as compris ! Bien bien ! Tu n’es pas si stupide que ton apparence le suggère … »
Cette voix … Je m’en souviendrai toute ma vie ! Une voix de femme. Elle était si douce, si lente, et en même temps si glaciale, si provocante et si agressive. Je ne savais pas quoi faire, les livres ne m’avaient rien appris sur la façon dont il fallait procéder. Moi j’estimais qu’un combat ferait l’affaire, mais j’étais désarmée et mon intuition me disait que ce n’était pas la manière de faire. Alors quoi faire ? Qu’ai-je fait, me demanderiez vous. J’ai agit par instinct tout simplement. En me retournant j’invoquai mon zanpakuto en espérant qu’il réponde à mon appel de détresse. C’est d’ailleurs avec soulagement que je le vis apparaître entre mes mains. Sans réfléchir j’embrochai la personne qui se tenait devant moi. Mon reflet ! Oui, le miroir ne contenait plus rien et mon reflet était sorti. C’était donc lui ! Étrangement aucun giclement, aucune éclaboussure, aucune marre ou flaque de sang. Un tremblement assourdissant avait laissé place à mon double psychotique. Là encore j’agis par instinct et me rua dans les couloirs du château, cherchant une sortie, n’importe laquelle. Mon action allait démolir mon intérieur ?! Cela me paraissait vraiment inquiétant … Non ! Je me souvins alors de ce que j’avais lu dans un bouquin : mon monde commencerait à se dégrader quand mon hollow intérieur, je présumais qu’en l’occurrence c’était mon reflet, prendrait le dessus sur moi. Qu’avais-je fait ?? Au loin j’aperçus un point de lumière blanche. La sortie ! L’air me caressa les cheveux, les faisant onduler à l’air libre, comme des rayons de soleil dorés. Je me sentis beaucoup moins oppressée tout d’un coup. Mais le problème n’était pas réglé, je devais agir, et vite. Au bout du long pont de pierre par lequel j’étais arrivée se tenait mon moi identique. Enfin pas tout à fait … Contour des yeux noirs, peau beaucoup plus blanche, robe noire. Des différences flagrantes tout de même qui donnaient une impression de négatif. Elle ouvrit la bouche :
« T’as gagné ! Je te laisse pour le moment, nous lierons nos forces car moi aussi j’ai besoin d’assouvir notre vengeance. Je reviendrai peut-être plus tard ».
Et alors que je me lançai sur le gigantesque pont, mon reflet se jeta du haut de celui-ci. Je n’eu pas le temps de tout comprendre, je me retrouvai déjà dans la Soul Society, le regard braqué sur le plafond, dans le noir. De puissantes mains m’empoignèrent et 1 ou 2 jours après on me donne l’ordre de quitter la Soul Society, le 1er décembre 1944 pour être plus précise. Je ne rechignai pas cet ordre.

25 décembre 1944, la traque a été ardue. Pour retrouver mon meurtrier il m’avait fallut 24 jours. Durant cette soirée j’eu diverses insatisfactions et satisfactions. D’abord j’étais énervée d’avoir mis tant de temps à le retrouver mais cela ne m’étonna point car il avait dû apprendre à bien se cacher depuis mon assassinat. Mais je fus heureuse de le voir seul en ce jour de fête. Aucun compagnon, aucun ami. Seul, il était absolument seul ! Mon pied se posa sur sa fenêtre et pendant un moment je me demandai s’il me verrait ou pas … Dans les deux cas cela m’excita. Mon regard parcourut la chambre avant de s’arrêter sur la silhouette endormie dans un coin de la pièce dans un luxueux lit. D’un pas souple et sans bruit je me déplaçai et vint me positionner au-dessus du dormeur. Mon visage à quelques millimètres seulement du sien, ses yeux frémirent puis s’ouvrirent. Et alors là je ne vous raconte pas la crise de panique ! Il froissa les draps et se recroquevilla le plus loin possible de moi. Pathétique … Je restais immobile sur la monture en bois au pied du lit, le toisant de ma hauteur. Dans mon esprit j’avais mille paroles à lui adresser mais ma bouche repoussa tous les assauts de mon esprit. Lui n’avait pas daigné ouvrir la bouche ! Pour combler le silence une main commença à dégainer l’un des deux tantôs accrochés dans le bas de mon dos. Une note métallique vibra en l’air. Je pointai le visage de l’homme de 42 ans de ma lame. Il frémit. Ma deuxième main fit comme la première, dégainant le second sabre court. Je rattrapai souplement sur le matelas pour m’approcher doucement de mon ex-mari. Je lu dans son regard une peur sans borne. Se demandait-il ce qui allait lui arriver ? Se demandait-il ce que je faisais là ? En vérité je pense plutôt qu’il s’attendait à me revoir avant la fin de sa vie. Et il s’était préparé, il ne bronchait plus depuis que l’effet de surprise s’était dissipé. Il avait lui aussi accepté. Alors pourquoi j’attendais pour assouvir ma vengeance ? Qu’est-ce qui me retenait ? Rien.
« Fais le hurler, Kyu »
Et ses cris retentirent toute la nuit. Tous exprimant une douleur et une souffrance infinie. Tous témoignant de mon habileté. Aucun n’était retenu, aucun n’était faux. Il souffrait mille tortures et je garderai secret ce que je lui fis endurer cette nuit là. Puis l’aube vint.
« Tue-le, Shi »
Les cris cessèrent, le soleil irradia et inonda le monde sa lumière, apportant espoir aux un et bonheur aux autres. Kini ne fit pas exception à la règle. Avec le soleil, sa mort vint, lui apportant la bénédiction de l’arrêt de son calvaire. Voilà la deuxième fois où mes yeux s’empreignirent de larmes, quand je quittai la chambre j’étais secouée de violents sanglots et il me fallut plusieurs jours pour récupérer de la séance de torture que j’avais donnée.


Aujourd’hui, enfin j’y arrive. La vie que j’ai menée depuis est tout ce qu’il y a de plus banal. Permettez-moi d’abréger car j’imagine que mon envie d’étaler ma vie était peu compatible avec votre envie de lire le minimum. Je disais donc que ma vie était plus tranquille, mon hollow intérieur ne s’étant plus remontré. Je pense qu’il repose en paix maintenant ma vengeance accomplie. Pourtant je l’ai énormément utilisé durant la Grande Guerre. Enfin bref voilà maintenant je mène une vie sans encombrement en me demandant ce qu’il est advenu de Kini ou ce qu’il adviendra du monde. Moi qui me suis beaucoup étalé ici en guise d’introduction, permettez-moi de vous transmettre mes prochains textes, relatant ma vie d’aujourd’hui, à bientôt !
©2008-2009 ~MaboroshiiEshu
Details
Submitted: December 17, 2008
File Size: 39.8 KB
Image Size: 33.0 KB
Resolution: 583×600
Comments: 2
Favourites & Collections: 1 [who?]

Views
Total: 113
Today: 0

Downloads
Total: 2
Today: 0

Thumb

Author's Comments

Salut bon ben j'ai écrit cette histoire pour un forum de rpg sur le thème de bleach au dé;part. Mais c'est la première fois que j'envisage de montrer mon écrit à d'autres pour avoir des avis. J'avoue être anxieux pour cette première fois mais je suis en même temps tout excité. Le texte ici présent est dénué de toutes les images qui le rendait superbe ainsi que des couleurs et ainsi de suite.

Je mets en scène, à la première personne, la vie d'une "jeune femme" qui en bave durant toute sa vie.

j'espère que ça plaira ^^"
[x]

Devious Comments

love 0 0 joy 0 0 wow 0 0 mad 0 0 sad 0 0 fear 0 0 neutral 0 0

Comments


Gyaaaah =D J'avais pas vu que t'avais posté ça ici! Gyapi! =D Ayane Sakiiii ♥

--
:blackrose::rose:I'm the Black rose of your nightmares, so beware...I can hurt you swiftly...:rose::blackrose:
(\_/)
(O.o)
(^ ^) This is Bunny. Copy Bunny into your signature to help him achieve world domination.
Ben ouais xD Je compte mettre Shiroyuru Metsuko quand il sera achevé aussi. Peut-être que je vais poster mes prochains textes, mais bon ...

--
[img][link]

Site Map